Accueil  >  Anciennes & Dons  >  Anciennes  >  Profils des anciennes élèves  >  (Promotion 1943) Joan Doug...

(Promotion 1943) Joan Dougherty - militante pour l'éducation

J’ai grandi, avec mon frère et ma soeur, dans une petite maison au sommet de Côte Des Neiges. La montagne était notre terrain de jeu.

Mon père était venu des États-Unis, en 1912, pour poursuivre ses études en médicine à l’université McGill. Il n’est jamais reparti. Il a travaillé à l’hôpital Royal Victoria où il a rencontré ma mere qui était infirmière. Maman et papa avaient tous deux de grands rêves pour chacun de nous. Nos réalisations les remplissaient de fierté.

Ma première école était celle de Madame Dunlop. Elle était d’origine anglaise, mettant l’accent sur la lecture, l’écriture et les mathématiques, ainsi que sur le chant - tous les matins débutaient avec l’hymne ‘God Save the King’ et ‘O Canada’. Nous faisions tous partie d’une seule et même classe et apprenions à notre rythme. À l’âge de 7 ans, j’ai transféré à The Study, munie de mes aptitudes en lecture et en écriture et de mon habileté à faire des divisions complexes. Mon amour de la musique et ma capacité à travailler seule ont été les influences les plus significatives léguées par The Study.

Suite à ma graduation en 1943, j’ai poursuivi mes études à l’université McGill où j’ai développé ma passion pour la physique et la biologie. J’ai complété un baccalauréat en sciences en 1947 et suis partie à Boston pour étudier la biophysique pendant un an à l’université MIT.

Ma décision d’épouser Donald Dougherty m’a ramené à Montréal où j’ai complété ma maîtrise en sciences en 1950. Deux mois plus tard, j’ai donné naissance à mon premier enfant. J’ai ensuite eu trois enfants un à la suite de l’autre, avec un cinquième quelques années plus tard. Mon rôle de mère est devenu mon occupation à temps plein.

Mon bénévolat est survenu de mon besoin d’évader la routine domestique par une activité hebdomadaire. Je me suis jointe à l’organisme “Junior League of Montreal” où j’ai beaucoup appris sur la communauté et sur comment on peut contribuer personnellement à son amélioration. Ceci a servi de tremplin pour mon engagement auprès de plusieurs organismes communautaires.

À titre de membre du “Town of Mount Royal School Board,” j’ai trouvé ma place. J’ai participé à une étude portant sur ce qui semblait être une augmentation significative du nombre d’enfants présentant des troubles d’apprentissage modérés à importants, malgré une intelligence normale. Nous nous basions sur le travail exceptionnel de Dr. Sam Rabinovitch, de l’hôpital de Montréal pour enfants, dont les recherches pionnières dévoilaient des informations essentielles sur le processus d’apprentissage. Ses messages semblaient simples mais ce qui en découlait étaient si inspirantes pour moi qu’elles ont propulsé mon action tout au long de ma vie.

Chaque enfant est unique. Nous devons travailler à partir de ses forces, parce qu’un enfant devient motivé par la réussite et non par la critique. Lire est une activité complexe : elle exige 25 habiletés différentes. Des problèmes peuvent subvenir à cause de manques au niveau du système nerveux. Aider un enfant c’est évaluer ce qu’il ou elle est capable de faire et progresser à partir de ce point. Pour toutes ces raisons, l’éducation doit être personnalisée et flexible afin de permettre à chaque enfant de realizer son plein potentiel.

Avec ces principes en tête, j’ai passé huit merveilleuses années à siéger sur le conseil du “Protestant School Board of Greater Montreal” ainsi que quelques années sur le conseil des gouverneurs de l’université McGill. Au cours des huit années suivantes
j’ai agi à titre de membre de l’assemblée nationale et d’assistante parlementaire à M. Claude Ryan qui était ministre de l’éducation, à l’époque.

Lorsque mes opinions sur l’importance d’apprendre à la fois le français et l’anglais sont entrées en conflit avec les politiques gouvernementales - notamment la loi 101 - j’ai quitté mes fonctions et suis retournée au travail en milieu communautaire.

Au cours de 18 dernières années, je me suis dédiée à deux grands projets. Le premier est celui de l’École orale de Montréal pour les sourds, où les enfants apprennent à parler et pour lequel j’ai participé à amasser des fonds pour bâtir une nouvelle école. Le second est chez AVATIL, où nous venons en aide aux jeunes personnes avec un faible handicap intellectuel afin qu’elles puissant développer unmeilleur estime par le biais d’une plus grande autonomie.

La vie est comme une oeuvre d’art. Lorsqu’on commence, on ne sait pas trop où le tout nous mènera. Avec chaque coup de pinceau on se définit et graduellement, on découvre l’image qui y est cachée.

Joan Mason Dougherty | Août, 2010